Des fleurs pour Algernon, de Daniel Keyes

By lundi, mai 27, 2013

Algernon est une souris de laboratoire dont le traitement du Pr Nemur et du Dr Strauss vient de décupler l'intelligence. Enhardis par cette réussite, les deux savants tentent alors, avec l'assistance de la psychologue Alice Kinnian, d'appliquer leur découverte à Charlie Gordon, un simple d'esprit employé dans une boulangerie. C'est bientôt l'extraordinaire éveil de l'intelligence pour le jeune homme. Il découvre un monde dont il avait toujours été exclu, et l'amour qui naît entre Alice et lui achève de le métamorphoser. Mais un jour les facultés supérieures d'Algernon déclinent. Commence alors pour Charlie le drame atroce d'un homme qui, en pleine conscience, se sent retourner à l'état de bête...

L'avis de Kahlan

Pour quelqu’un qui lit presque exclusivement de l’imaginaire, la science-fiction est un genre somme toute sous-représenté dans mes lectures, en dehors de la dystopie que j’aime bien lire de temps en temps. Je suis régulièrement à la recherche d’ouvrages de science-fiction dont le quatrième de couverture puisse me donner envie, et c’est un peu dans ce cadre, et parce qu’une de mes amies me l’avait chaleureusement recommandé, que je me suis lancée dans Des fleurs pour Algernon.

Avant tout, il faut savoir qu’il s’agit encore de l’un de ces romans dans lesquels la science-fiction n’est qu’un prétexte, un point de départ : c’est l’histoire d’un jeune homme arriéré mental qui subit une intervention chirurgicale sensée accroître son intelligence. Ne cherchez pas la science-fiction plus avant dans cette histoire, elle est inexistante. En revanche, il y est grandement question d’humanité, et de ce point de vue-là, c’est une vraie petite merveille ! Car en gagnant en intelligence, Charlie, le héros, voit rejaillir des souvenirs oubliés qu’il est désormais capable d’interpréter différemment.

Et c’est tout l’intérêt du livre de Daniel Keyes dont le regard aigu sur les réactions des gens face à l’arriération mentale ne peut que nous toucher. Charlie prend ça de plein fouet, et ses réactions tout d’abord naïves se font bientôt incrédules, puis agacées. C’est avec un plaisir mâtiné de tristesse qu’on le voit évoluer, pas toujours en bien. Lui dont l’objectif ultime a toujours été d’être aimé, de se faire des amis, réalise peu à peu que l’intelligence ne l’y aide nullement, tout au contraire, parce qu’il ne fait plus partie du monde dans lequel il vivait.

Un roman qui pousse à la réflexion, c’est le moins que l’on puisse dire. Malgré tout, bien qu’on finisse par s’attacher à son héros, cette affection n’est venue chez moi que sur le tard, dans la dernière partie du livre. Et comme tout repose sur le personnage de Charlie, je ne peux pas vraiment dire que j’ai adoré. Je l’ai trouvé intéressant, oui, émouvant sur la fin, mais sans plus. J’avoue avoir également eu un peu de mal avec le style ampoulé de l’auteur, qui a tendance à faire des phrases à rallonge sans raison valable… Une curiosité plus qu’un chef d’œuvre, à mon sens.

Note : ★★★☆☆
Billet d'origine : eTemporel


Ouvrage paru en 1972 - Lu en format poche aux éditions J'ai Lu - 252 pages

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