La conjuration primitive, de Maxime Chattam

By vendredi, août 23, 2013

Une véritable épidémie de meurtres ravage la France. Plus que des rituels, les scènes de crimes sont un langage. Et les morts semblent se répondre d’un endroit à l’autre. Plusieurs tueurs sont-ils à l’œuvre ? Se connaissent-ils ? Et si c’était un jeu ? Mais très vite, l’Hexagone ne leur suffit plus : l’Europe entière devient l’enjeu de leur monstrueuse compétition. Pour essayer de mettre fin à cette escalade dans l’horreur, une brigade de gendarmerie pas tout à fait comme les autres et un célèbre profiler, appelé en renfort pour tenter de comprendre. De Paris à Québec en passant par la Pologne et l’Écosse, Maxime Chattam nous plonge dans cette terrifiante Conjuration Primitive, qui explore les pires déviances de la nature humaine.

L'avis de Kahlan

La conjuration primitive était l’un des romans que j’attendais le plus en cette année 2013. D’une part, parce que je fais partie des inconditionnels de Maxime Chattam, spécialement dans le registre du thriller dans lequel il excelle, mais aussi parce qu’en suivant l’auteur sur Twitter, il n’était pas rare de bénéficier de sa part de quelques commentaires alléchants sur la progression de son intrigue, voire même de partager les souvenirs de ses repérages, en Pologne par exemple, à travers quelques photos. De quoi mettre l’eau à la bouche !

Malgré tout, j’ai tardé à me lancer, faute de temps. J’ai fini par sauter sur l’occasion d’une lecture commune organisée par Randall sur Livraddict, et prévue pour le 1er septembre prochain, pour me plonger dans cette histoire, et avec quel délice ! Enfin, si on peut vraiment parler de délice, parce qu’en l’occurrence, je ne suis pas sûre que le mot soit bien adapté car ce qui s’y passe fait froid dans le dos. Et je ne parle pas seulement des détails macabres, certes foisonnants, mais bel et bien de cette espèce d’obsession qu’a l’auteur pour le Mal lui-même. Quelle est son origine ? Comment évolue-t-il ? Peut-on y faire face et pendant combien de temps ? Arrivera-t-il un moment où nous serons submergés ?

Alors bien sûr, il y a quelques passages, en particulier à l’approche du dénouement, où les théories des criminologues, sur lesquelles les protagonistes s’attardent longuement, sont un peu trop appuyées, au point de finir par paraître un peu fumeuses. Mais ce roman a été un véritable coup de cœur pour moi, le second de l’année seulement, sur plus d’une cinquantaine d’ouvrages lus jusqu’ici, et ce n’est pas pour rien ! C’est parce que Maxime Chattam sait habilement jouer avec nos nerfs.

Ici, l’intensité dramatique atteint des sommets, l'auteur n’hésite pas une seconde à malmener ses personnages, quitte à les sacrifier. Il nous expose froidement les exactions de ses tueurs, des prédateurs qui sèment des cadavres à travers toute l’Europe, titillant notre imagination sur ce qui se passerait s’ils parvenaient à s’entendre, à s’unir contre nous, innocentes victimes, en une espèce de coalition démente. Un page-turner efficace, aucun doute là-dessus. Un roman qui ne souffre d’aucun temps mort, le récit est dynamique, très fortement ancré dans notre réalité, le suspens constant, les décors incroyables.

Cet auteur a un don : celui de nous mettre le trouillomètre à zéro et de se débrouiller pour nous faire croire qu’on aime ça ! Du grand Chattam.

Note : ★★★★★
Billet d'origine : eTemporel


Ouvrage paru en 2013 - Lu en format broché aux éditions Albin Michel - 462 pages

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2 commentaires

  1. Je partage totalement ton avis, Chattam a un sacré don pour nous faire aimer trembler de peur !
    Et comme toi, j'adore suivre les posts de l'auteur sur FB et Twitter, c'est vraiment sympa de savoir où il en est dans ses écrits et ça donne l'eau à la bouche !! :)

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    1. A se demander si on est bien normales, quelques fois ! ;o) Merci d'être passée ici, Tari.

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