Berazachussetts, de Leandro Ávalo Blacha

By jeudi, janvier 09, 2014

Lorsque Dora et ses amies recueillent chez elles Trash, une jeune punk à moitié nue qu'elles croient victime d'un violeur en série, elles ne se doutent pas une seule seconde que leur vie va en être radicalement changée. Car Trash est en réalité une zombie. L'errance qui débute alors pour les cinq femmes va leur faire découvrir les recoins les plus sombres, mais aussi les plus huppés, de Berazachussetts, ville argentine improbable où tout semble possible, y compris, et surtout, l'impossible.


L'avis de Anaterya

Si j'ai eu envie de lire ce livre, c'est d'abord en raison de la nationalité de l'auteur. En effet, je lis beaucoup de SF anglophone ou francophone, mais je n'avais encore jamais rien lu d'un auteur argentin. Et je n'ai vraiment pas été déçue.

L'histoire ne perd pas de temps, dès les premières pages, les quatre amies découvre Trash dans un parc, assise contre un arbre, torse nu. Et c'est là que j'ai été surprise pour la première fois : contrairement à ce à quoi on pourrait s'attendre, les amies ne sont pas des jeunes filles, elles sont toutes veuves et institutrices retraitées. Et après cette découverte, les choses s'enchaînent à une vitesse folle. Les quatre amies qui étaient très soudées se disputent, se divisent, et le texte d'Ávalo Blacha en fait de même : on suit les cinq femmes dans des scènes plus ou moins courtes, tout s'enchaîne, tout se déchaîne.

Ses personnages sont vivants (même Trash, et oui), bien croqués, avec un sacré caractère dans leur grande majorité, parfois très irritants voire détestables, ou carrément allumés. J'aime aussi beaucoup sa vision des zombies : aucun "brain", ce ne sont pas des décérébrés. Ils sont exactement comme les vivants, à part un goût prononcé et irrépressible pour la viande et un état de décomposition plus ou moins avancé selon le moment où ils sont revenus à la vie après leur mort. Ils sont à tel point semblables aux humains qu'avant d'arriver à Bezarachussetts, Trash jouait dans un groupe punk dont tous les membres étaient des zombies et qui tournait comme n'importe quel groupe.

Un détail particulier à ce livre, c'est le nom des lieux où se déroule l'histoire : l'auteur mélange le nom des localités du grand Buenos Aires avec d'autres noms de lieux (Berazategui et Massachussetts, par exemple),  afin de distordre la réalité, de critiquer la société argentine (et plus largement, une société pourrie par l'argent, les abus de pouvoir et les caprices individuels) avec l'air de ne pas trop y toucher.

Le livre m'a donné une impression de bombe : ça explose et on retrouve des fragments de partout, mais tout fait partie d'un ensemble, reste cohérent. Ça donne quelque chose de rythmé et de jubilatoire.

Note : ★★★★☆


Ouvrage paru en 2013 - Lu en format poche aux éditions Folio- 212 pages

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1 commentaires

  1. Ouah, ça m'a l'air d'être une belle curiosité qui fait envie !

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