Le dernier vœu, de Andrzej Sapkowki

By dimanche, janvier 05, 2014

Géralt de Riv est un homme inquiétant, un mutant devenu le parfait assassin grâce à la magie et un long entraînement. En ces temps obscurs, ogres, goules et vampires pullulent, et les magiciens sont des manipulateurs experts. Contre ces menaces, il faut un tueur à gages à la hauteur, et Geralt est plus qu'un guerrier ou un mage. C'est un Sorceleur. Au cours de ses aventures, il rencontrera une magicienne capricieuse aux charmes vénéneux, un troubadour paillard au grand cœur... et, au terme de sa quête, peut-être réalisera-t-il son dernier vœu : retrouver son humanité perdue.

L'avis de Goupil

En 2008, attiré par la couverture, j'ai emprunté ce livre à la bibliothèque et c'est ainsi que j'ai fait la connaissance de Géralt de Riv. J'avais à l'époque été séduit par cet opus ; et c'est donc tout naturellement que j'ai commandé, au fil des mois, les différents titres de la saga en format poche. Depuis, la série sommeille sur mes étagères. Afin de faire un peu de place, j'ai programmé la lecture de ces opus dans le cadre du défi  2014 de l'Imag'In Café et du challenge "Doucement ma PAL, je vaincrai", du forum Mort-Sûre.

Le dernier vœu se présente comme un recueil d'aventures d'un tueur de monstres. Ses rencontres et déambulations sont autant d'occasions pour lui de partager avec le lecteur ses doutes, pensées sur sa vie, et sa place dans le monde. Certes, Geralt n'est pas exactement un anti-héros, mais l'humour et le cynisme de l'auteur, ainsi que sa plume dépouillée, nous font plus penser à Candide ou Zadig qu'au Seigneur des Anneaux ou à la Belgariade. Je vais donc vous parler de ce roman qui a inspiré le jeu vidéo The Witcher.

Dans ce premier volume, nous suivons le combat légendaire de Geralt contre la Stryge de Wyzima, qui lui a laissé sa cicatrice sur le visage, et l'épilogue de ce combat. Entrecoupant ce récit, nous retrouvons d'autres nouvelles dans lesquelles Geralt a vécu des aventures passées telles ses premières rencontres avec le poète Jaskier, ou son amoureuse Yennefer, personnages importants dans les jeux vidéos The Witcher.

Lorsque l'on aime la fantasy, et être plongé dans un monde somme toute assez noir, avec un héros charismatique et un peu perdu dans son code moral et son éthique, on appréciera forcément Le sorceleur. On y retrouve tous les ingrédients de la fantasy, avec des elfes, des nains, des trolls et bon nombre de créatures extravagantes et pour la plupart dangereuses. On pourra aussi apprécier les nombreuses intrigues politiques auxquelles prendra part Geralt au cours de ses aventures, et qui ne seront pas toutes réglées de la même manière, loin de là.

Ce qui m'a le plus frappé, c'est la manière dont Sapkowski joue avec les codes du conte de fées. J'ai déjà lu des parodies ou des ré-interprétations de contes célèbres, mais franchement, je n'ai pas souvenir d'en avoir lu d'aussi savoureux ! On reconnaîtra ainsi de façon évidente Blanche-Neige - il y a même 7 gnomes ! - ou encore La Belle et la Bête. Mais là où ça devient très intéressant, c'est que l'auteur dynamite littéralement ces références connues d'un grand nombre d'entre vous en se les appropriant corps et âme pour les incorporer dans l'univers très sombre, parfois même glauque, qu'il a créé.

Cruauté, viols dégueulasses, pourriture humaine et non-humaine, mesquinerie ordinaire, c'est une vision de la vie et des gens bien noire que nous livre Sapkowski dans son œuvre, nous nageons donc ici en pleine Dark Fantasy à forte teneur en folklore traditionnel, et croyez-moi, ça fait du bien.

Avec ce premier tome, Le sorceleur se profile donc comme une série mature, non dans le sens « sexe et violence », mais parce qu’il aborde la Fantasy par le volet des intrigues et de la bassesse d’âme. Les personnages sont charismatiques et l'histoire se révèle très intéressante.On pourra peut-être reprocher une écriture qui manque de classe ou de saveur. Le dernier vœu est au final très rafraîchissant et nous fait découvrir un auteur atypique. Conseillé à tout lecteur de fantasy, en particulier aux encrassés des cycles à rallonge qui pourront comme moi y renouveler leur soif de cette littérature.

Note : ★★★★☆
Billet d'origine : Chroniques littéraires de Goupil


Ouvrage paru en 2011 - Lu en format poche aux éditions Milady - 432 pages
Tome 1 du cycle Le sorceleur

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