Le prince de la brume, de Carlos Ruiz Zafon

By samedi, février 22, 2014

1943, Angleterre. Fuyant la guerre, la famille Carver – les parents et leurs trois enfants, Max, Alicia et Irène – se réfugie dans un village de bord de mer. Leur nouvelle maison appartenait précédemment à un riche couple qui a quitté le pays après la mort de leur petit garçon, Jacob. Peu après son emménagement, la famille Carver est confrontée à de troublants événements. La maison de la plage paraît hantée. Quelque chose ou quelqu'un rôde entre les murs. Max et Alicia commencent à enquêter sur les circonstances obscures de la mort de Jacob. Roland, un adolescent du village, les aide. Il les entraîne dans des plongées autour d'un cargo qui a coulé dans la baie après une tempête, des années auparavant. Autour de cette épave, tout respire la peur : les poissons ne s'y risquent jamais, des ombres paraissent à l'affût derrière les cloisons rouillées et dans les coursives délabrées...

L'avis de Gabrielle

J'ai fait mes premiers pas dans l'univers fantastique de Carlos Ruiz Zafon en suivant les pas de Marina dans les rues d'une Barcelone gothique. En lisant ma chronique sur ce roman, vous verrez combien j'ai été enthousiasmée par cette découverte. C'est donc avec un grand plaisir que j'ai plongé - c'est le cas de le dire - dans l'univers du Prince de la brume, personnage diabolique qui apparaît dans trois romans de l'auteur : Le prince de la brume, Le palais de minuit et Les lumières de septembre. Notez que les trois romans peuvent être lus indépendamment puisqu'ils narrent des histoires différentes, ou presque.

Dans ce premier opus, nous suivons donc l'histoire de Max, victime parmi tant d'autres du mystérieux Prince. La famille Carver s'établit dans un nouvel endroit pour fuir la guerre qui n'est ici qu'un prétexte. L'auteur ne s’attarde pas sur la seconde guerre mondiale, c'est d'une toute autre abomination qu'il sera question. Le récit ne met en scène que quelques personnages qui évoluent dans le décor mystérieux d'une plage anglaise. En lisant, on n'a aucun mal à s'imaginer la mer déchaînée, le phare perdu dans le brouillard, la vieille maison qui craque sous les assauts du vent. C'est comme un tableau vivant dont la mer est le sujet principal. Ce l'était d'autant plus pour moi qui l'ai lu en vacances au bord de la mer. Et le soir venu, le vent se levait et faisait craquer le bois du chalet dans lequel je logeais. C'est une expérience que je recommande !

Maintenant que nous avons planté le décor, venons-en aux personnages. Nous suivons principalement Max, le benjamin de la famille Carver, un petit garçon réservé, qui trompe sa solitude en explorant son nouvel environnement et, bien entendu, il ne manquera pas, au fil de ses explorations et de ses rencontres, d'aller de découvertes en découvertes toujours plus angoissantes. Pas facile de s'identifier à un petit garçon, pas plus qu'à sa sœur aînée en pleine adolescence, quand on a la trentaine et difficile de s’émouvoir franchement sur la bonne vieille recette du clown maléfique et de la statue qui bouge quand on en voit tellement au cinéma. Pourtant ça fonctionne. Je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai tremblé mais j'étais suffisamment happée par l'ambiance fantastique, un peu désuète, que j'ouvrais chaque soir mon livre avec le même plaisir. Et c'est sans compter sur la plume fluide et le sens du rythme de l'auteur qui parvient à vous emmener dans son histoire en quelques 200 pages.

Encore une fois donc, Zafon m'a transportée dans un lieu plein de secrets, de coins sombres où la peur est un monstre surgi de l'enfance, où la folie d'un homme a provoqué une malédiction... Ce nouveau rendez-vous avec Carlos Ruiz Zafon est donc encore une réussite, mais je le place en dessous de Marina car l'intrigue reste tout de même un peu plus légère en comparaison.

Note : ★★★☆☆
Billet d'origine : De mes propres ailes


Ouvrage paru en 2011 - Lu en format poche aux éditions Pocket - 211 pages
Tome 1 du cycle de La trilogie de la brume

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1 commentaires

  1. J'ai aussi préféré Marina, mais c'est avec ce roman que j'ai découvert Zafon, alors il reste quand même marqué dans ma mémoire :)

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