Anno Dracula, de Kim Newman

By dimanche, mars 16, 2014

Londres, 1888. La reine Victoria s'est remariée avec le comte Dracula, qui entend répandre le vampirisme dans tout le royaume. Chaque soir, au crépuscule, les non-morts poursuivent les sang-chauds pour leur donner "le baiser des Ténèbres" et boire le sang qui leur assure l'immortalité. La terreur règne, toute révolte est impitoyablement réprimée, mais un mystérieux tueur au scalpel d'argent, en s'attaquant aux prostituées vampires, menace la stabilité du nouveau régime.

L'avis de Kahlan

Anno Dracula est une uchronie dont le récit se déroule à l'ère victorienne, en 1888, dans une société où le comte Dracula aurait épousé la Reine Victoria. Conséquence directe : loin de ramper loin des regards dans les brumes de Londres, les vampires évoluent au grand jour, considérant l'humanité comme leur garde-manger. Une réécriture du 19ème siècle, où transitent tout un tas de célébrités, hommes politiques ou culturels, réels ou imaginaires.

A travers ce roman, Kim Newman nous invite à partager toute sa passion pour les vampires, et en particulier pour le Dracula de Bram Stocker, dont il constitue une sorte de suite assez libre. D'ailleurs, n'ayant pas encore eu l'occasion de lire ce dernier, j'ai eu quelques difficultés, au début de ma lecture, avec les nombreux personnages dont il est question ici. Il m'a fallu près d'un tiers du livre pour commencer à m'y retrouver, et c'est une expérience que je ne conseille pas : faîtes les choses dans l'ordre, vous n'en apprécierez que davantage Anno Dracula, je pense.

Cela étant dit, je dois reconnaître que tous ces personnages, qu'ils soient anciens ou nouveaux, ont quelque chose de réellement fascinant, à commencer par les deux héros bien sûr : Charles Beauregard, agent du Diogène's Club missionné pour enquêter sur l'affaire « Scalpel d'argent », et Geneviève Dieudonné, vampire historique, plus ancienne que Vlad Tepes lui-même. Ici, les vampires n'ont rien à voir avec ceux de Twilight, dont la gentillesse frise trop souvent la niaiserie ; on remonte à la source : soif de sang bien sûr, hypersensibilité, mais surtout violence, égocentrisme, érotisme aussi.

Pour ce qui est de l'intrigue, Anno Dracula s'articule autour du mythe de Jack l'éventreur. On connaît rapidement l'identité du tueur mais ce n'est pas tellement la résolution de l'enquête qui importe, d'autant plus que le fil narratif est plus complexe qu'il n'y paraît. Non, ce qui compte ici, c'est l'univers qu'on nous propose, le dédale des ruelles glauques de Londres, baignées de ce fog qui monte de la Tamise et confère à l'ensemble cette atmosphère si particulière. Ce qui compte aussi, ce sont les enjeux politiques, les relations qui s'établissent entre sangs-chauds et vampires, la collision de ces deux mondes qui ne sont pas faits pour cohabiter, les choix des personnages.

Malgré tout, j'ai trouvé quelques longueurs à ce roman, essentiellement dans sa première partie, à cause des trop nombreux personnages et références. Et si l'univers est plaisant, l'intrigue elle-même manque un peu de dynamisme à mon goût. Une lecture agréable, mais un peu longuette.

Note : ★★★☆☆
Billet d'origine : eTemporel


Ouvrage paru en 1999 - Lu en format ePub aux éditions Bragelonne - 432 pages
Tome 1 du cycle Anno Dracula

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2 commentaires

  1. Je me tâte vraiment pour lire ce livre... J'y pense depuis pas mal de temps mais j'ai peur d'être déçue, étant donné que je suis une très grande fan du Dracula de Stoker, et que je suis passionnée par Jack l'Eventreur! Ton avis m'aide à m'y retrouver :)

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    1. Je regrette de ne pas avoir lu Dracula avant, il est dans ma PAL en plus, c'est bête. C'est vrai que parfois, les chroniques aident à se faire une idée.

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