Meurtres pour rédemption, de Karine Giébel

By dimanche, mars 30, 2014

Si jeune, Marianne devrait être insouciante et rêver à l'avenir, des projets plein la tête. Mais son seul rêve, c'est la liberté. Car Marianne est en prison. Perpétuité pour cette meurtrière. Indomptable, incapable de maîtriser la violence qui est en elle, Marianne refuse de se soumettre, de se laisser briser par l'univers carcéral sans pitié où elle affronte la haine, les brimades, les coups, les humiliations. La tête haute, toujours. Elle s'évade parfois, grâce à la drogue qu'elle paye en nature, grâce aux romans qu'on lui laisse lire, grâce à ses souvenirs aussi. Grâce au bruit des trains, véritable invitation au voyage. Elle finit par apprendre l'amitié, la solidarité, et même... la passion. Mais sans aucun espoir de fuir cet enfer, hormis dans ses rêves les plus fous. Et puis un jour, l'inimaginable se produit. Une porte s'ouvre au parloir. Trois hommes, trois flics lui proposent un odieux marché, lui offrant une possibilité de quitter ce purgatoire. Mais en échange de sa liberté elle devra tuer pour eux. Des derniers meurtres à commettre… pour rédemption.

L'avis de Kahlan

Karine Giébel est née à La Seyne-sur-Mer, dans le Var, en 1971. En huit romans, souvent primés, elle s'est fait une place à part dans le thriller psychologique, et depuis quelques mois, je vois son nom partout, y compris et surtout chez les amies blogueuses que je suis. Il n'en fallait pas plus pour titiller ma curiosité, et c'est à l'occasion de la huitième édition du challenge Livra'deux pour Pal'Addict organisé sur Livraddict, et que je partage cette fois avec Lisalor, que j'ai décidé de me lancer.

Je ne sais pas trop à quoi je m'attendais, mais une chose est sûre : pas à ça ! Je n'avais absolument rien lu sur ce roman ; tout ce que je savais, c'est que tous ceux qui le lisaient criaient au génie. A partir de là, je partais plutôt confiante. C'est la terrible histoire d'une jeune femme de 21 ans, Marianne, qui purge une peine à perpétuité en prison, et qui nous entraîne à la découverte sans concession du monde carcéral. La moitié du livre, et c'est un sacré pavé, se déroule en prison ; quant à l'autre moitié, on ne peut pas dire qu'il y soit réellement question de liberté ! A l'image de son héroïne, c'est un roman extrêmement dur, violent, qui suinte la rage et le désespoir, au point qu'il en devient régulièrement difficilement supportable.

Je suis adepte des univers fantasy, fantastiques ou de science-fiction, et ce n'est pas pour rien. Ce que j'attends de mes lectures, c'est qu'elles me sortent d'un quotidien parfois difficile, me fassent voyager, me parlent de héros, de courage, d'honneur et de bons sentiments. Le réalisme glauque, très peu pour moi. En l'occurrence, j'ai eu un peu de mal avec ce livre. De part sa violence, son désespoir, son réalisme cru, pour commencer ; de part sa longueur aussi, parce que toute cette noirceur sur la durée, ça finirait par vous plomber le moral, mon bon monsieur ; et enfin, parce que toute la seconde moitié du livre est quand même très prévisible, et qu'on la sent venir à des kilomètres.

Au final, ai-je aimé ou détesté ? Ni l'un ni l'autre, mon commandant. C'est un roman qui m'a... dérangée. Parce que si, intellectuellement, on ne peut que réprouver les actions de Marianne, une partie de nous ne peut quand même s'empêcher d'éprouver une forme de sympathie pour elle, et ça c'est dérangeant. Parce qu'on a beau essayé de nous faire croire qu'elle n'est qu'une victime, elle n'en a pas moins tué et à plusieurs reprises, et personne ne l'y a forcée, elle est simplement incapable de se contrôler. Oui, elle a sans aucun doute manqué de l'amour de ses parents, subi des choses terribles, mais elle n'en reste pas moins responsable de ce qui lui arrive, et je n'avais pas envie de la plaindre. Mais malgré tout, je me suis retrouvée à espérer qu'elle s'en sorte...

Voilà ce qui m'a dérangée. Alors, ai-je détesté ? Non, Karine Giébel est extrêmement habile, son écriture est d'une redoutable efficacité, et nous entraîne très facilement dans la descente aux enfers de Marianne, de Daniel et même de Franck. Ai-je aimé, en ce cas ? Non plus. En refermant Meurtres pour rédemption, je n'avais qu'une envie : sortir prendre l'air, me débarrasser d'une espèce de sentiment de claustrophobie, de ce désespoir qui me collait à la peau, de remonter vers la lumière. Un voyage au final peu agréable, d'une dureté inouïe, à ne surtout pas mettre en toutes les mains.

Note : ★★★☆☆
Billet d'origine : eTemporel


Ouvrage paru en 2010 - Lu en format ePub aux éditions 12-21 - 767 pages

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