La vérité sur l'affaire Harry Québert, de Joël Dicker

By mardi, avril 29, 2014

À New York, au printemps 2008, lorsque l'Amérique bruisse des prémices de l'élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d'écrire le nouveau roman qu'il doit remettre à son éditeur d'ici quelques mois. Le délai est près d'expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d'université, Harry Quebert, l'un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d'avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l'innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l'enquête s'enfonce et il fait l'objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d'écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s'est-il passé dans le New Hampshire à l'été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

L'avis de Aristide Pilgrim

Je ne savais pas bien à quoi m’attendre quand j’ai commencé ce roman, mais je savais que les échos étaient plutôt bons. J'avoue que j’avais besoin d’encouragements, étant donnés le nombre de pages et le fait que l’auteur m’était inconnu. J’ai donc profité d’une lecture commune organisée sur l’Imag’In Café pour me lancer. Et comme on rentre assez vite dans le vif du sujet, ça s’est plutôt bien passé.

C’est l’histoire d’un jeune écrivain qui cherche l’inspiration pour son prochain roman, et va la trouver dans un fait divers qui le touche de près : son meilleur ami et mentor est accusé du meurtre d’une jeune fille de 15 ans, en 1975. Dès lors, il va s’attacher à faire la lumière sur cette affaire, pour disculper Harry Québert. Le récit navigue entre le passé et le présent, un peu comme dans certaines séries télévisées actuelles. C’est vraiment bien fichu : au fur et à mesure que l’on progresse dans l’enquête, on en vient à soupçonner un petit peu tout le monde, car chacun aurait pu avoir une « bonne raison » de vouloir supprimer Nola.

Au passage, on découvre les interrogations de Marcus, le jeune écrivain, sur son métier et sur l’industrie du livre. C’était intéressant, mais non dénué de clichés quand même : le maître et l’élève, le petit côté bien-pensant sur la manière dont on devient un homme ou un bon écrivain, l’histoire d’amour un peu mièvre à laquelle on a un peu du mal à croire, les caricatures… Pour un Grand Prix de l’Académie Française, je lui trouve quand même pas mal de défauts à ce bouquin, moi ! Tout cela rend l’action un peu redondante, et j’ai peiné à la moitié du livre.

Heureusement, je me suis totalement laissée embarquée par le final. Les 200 dernières pages se tournaient toutes seules ! Tout s’accélère, les révélations s’enchaînent, et je me surprends à avoir envie de savoir, finalement, qui a tué Nola. C’est juste dommage que ça n’arrive pas avant, car il y a des choses intéressantes dans ce roman : les réflexions sur l’écriture, la description de cette petite communauté rurale du New-Hampshire… Un roman desservi par la publicité qu’il a engendré, je pense, parce qu’on en attend trop. C’est juste une histoire bien fichue, mais un peu longuette.

Note : ★★★★☆
Billet d'origine : Les Fabuleuses Aventures d'Aristide Pilgrim



Ouvrage paru en 2012 - Lu en format broché aux Editions de Fallois - 665 pages

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