Joyland, de Stephen King

By lundi, juin 30, 2014

Les clowns vous ont toujours fait peur ? L’atmosphère des fêtes foraines vous angoisse ? Alors, un petit conseil : ne vous aventurez pas sur une grande roue un soir d’orage… Mêlant suspense, terreur, nostalgie, émotion, un superbe King dans la lignée de Stand by me.

L'avis de Kahlan

Stephen King, on aime ou on n’aime pas, c’est un auteur qui laisse rarement indifférent. Moi j’aime, ce ne sera un scoop pour personne, j’imagine, enfin pas pour les habitués de mon blog en tous cas. Cela étant, toute fan que je sois, il y a quand même certains livres de lui qui, loin de me faire fantasmer, m’ont carrément ennuyée. Je pourrais citer La petite fille qui aimait Tom Gordon ou encore Histoire de Lisey et… Joyland ? Pour ce dernier, c’est un peu plus subtile que ça.

Joyland n’est pas un de ces romans qui fait la part belle à l’horreur ou au fantastique. Contrairement à ce que le quatrième de couverture pourrait laisser croire, l’horreur y est quasiment inexistante, et quant au surnaturel, il n’est présent que par petites touches pour devenir néanmoins plus important au moment du dénouement. Joyland, c’est un roman d’apprentissage, celui d’un jeune homme de 21 ans qui doit surmonter une déception amoureuse et choisit de le faire en travaillant pour l’été dans un parc d’attraction. Ça parle du monde des forains, de belles rencontres et d’amitié, d’amour et de maladie.

J’ai presque honte de le dire, mais pendant toute la première partie du livre, je me suis ennuyée. Je connais bien King et ses écrits, je sais qu’il prend toujours son temps pour poser son contexte et ses personnages, mais dans un livre aussi court, d’à peine plus de 300 pages, ça peut très vite devenir pesant. Jusqu’à la rencontre entre Devin et Mike, j’imaginais bien où il voulait en venir, mais je ne voyais rien venir justement, j’avais le sentiment qu’il ne se passait rien. Certes, la découverte du monde des forains, le bonheur qu’ils se sont donnés pour mission de vendre à petits et grands, tout cela était bien sympa, oui, mais concrètement, « ça ne faisait pas des masses avancer le schmilblick » !

Et puis Devin a rencontré Mike, et là, l’histoire a pris une toute autre tournure. Mike est un petit garçon malade qui se sait condamné, un petit garçon courageux qui veut vivre pleinement le temps qu’il lui reste. Dès qu’il est apparu, tout le reste a brusquement pris nettement moins d’importance. Devin et ses petits problèmes, Devin et son enquête, quelque part, je m’en fichais un peu, mais Devin et Mike… La relation qui s’établit entre eux est extrêmement touchante et émouvante, et je me suis retrouvée à tourner les pages sans plus pouvoir m’arrêter, même si je savais pertinemment que j’allais probablement finir en larmes.

Un roman inclassable qui mêle les genres mais parle surtout d’humanité. Encore une fois, même si ça semblait plutôt mal parti, Stephen King a su faire vibrer en moi cette corde si sensible à sa manière d’écrire, à ses histoires et ses personnages. Déconcertant et bouleversant…

Lecture commune avec : Randalllemillefeuilles.

Note : ★★★★☆
Billet d'origine : eTemporel

Ouvrage paru en 2014 - Lu en format broché aux éditions Albin Michel - 336 pages

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