La vérité sur l'affaire Harry Québert, de Joël Dicker

By mercredi, juin 04, 2014

À New York, au printemps 2008, lorsque l'Amérique bruisse des prémices de l'élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d'écrire le nouveau roman qu'il doit remettre à son éditeur d'ici quelques mois. Le délai est près d'expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d'université, Harry Quebert, l'un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d'avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l'innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l'enquête s'enfonce et il fait l'objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d'écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s'est-il passé dans le New Hampshire à l'été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

L'avis de Victoria Woolsey

La vérité sur l’Affaire Harry Quebert est un condensé de plusieurs choses. Un roman policier tout d’abord, puisque rappelons qu’il s’agit de l’histoire d’un jeune auteur confronté au syndrome de la page blanche, jusqu’à ce qu’il décide d’enquêter sur la disparition, trente ans plus tôt, d’une jeune fille dont son mentor était amoureux. Un regard aiguisé sur l’Amérique rurale de l’époque, ensuite, mais également sur les travers de notre société actuelle, sur la presse, le système judiciaire américain, le monde de l’édition… Beaucoup de choses, donc.

Le début est assez tranquille, puis tout s’accélère et l’on prend rapidement la pleine mesure d’un récit relativement touffu. Secrets, non-dits, mensonges et faux-fuyants, les contours de l’intrigue se dessinent lentement (peut-être un peu trop d’ailleurs, puisqu’on n’échappe pas à un certain sentiment de redondance sur la partie centrale du livre), et les soupçons fusent sur tous les membres de cette communauté rurale. L’auteur alterne les époques, les sources, se penche avec délectation sur cette Amérique de tous les excès, qu’ils soient médiatiques ou religieux.

Ce qui m’a réellement intéressée dans ce roman, c’est que Joël Dicker raconte les rapports humains et le rapport à la littérature, aux mots. Ce que j’ai moins aimé, c’est son style d’écriture bourré de clichés. Peut-être était-ce voulu, peut-être pas, mais ce petit côté désuet dans les mots comme dans l’histoire d’amour entre Nora et Harry, ça m’a dérangée quelque-part. Du bon, comme du moins bon, de là à mériter un prix de l’académie française, je m’interroge. En définitive, pour moi, La vérité sur l’Affaire Harry Quebert restera un roman sympathique, une lecture agréable mais relativement éloignée du phénomène que l’engouement des médias m’avait laissé attendre.

Note : ★★★★☆
Billet d'origine : Victoria Woolsey's Umbrella



Ouvrage paru en 2012 - Lu en format broché aux Editions de Fallois - 665 pages

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