La patience du diable, de Maxime Chattam

By dimanche, août 24, 2014

Le Mal peut-il contaminer ceux qui le traquent ? Un go-fast pris en flag qui transporte bien pire que de la drogue… Deux ados qui tirent sur les passagers d’un TGV lancé à pleine vitesse… Des gens ordinaires découverts morts… de terreur. Le Diable mène le bal, le monde est devenu fou. Lieutenant à la Section de Recherche de Paris, Ludivine Vancker comprend bientôt qu’un fil sanglant relie ces faits divers. Rien ne pourra l’empêcher de remonter la piste à sa source. Aux racines de la peur. Après La Conjuration primitive, Maxime Chattam, dans ce thriller d’une maîtrise glaçante, sème plus que jamais le doute.

L'avis de Kahlan

S'il est une thématique chère au cœur de Maxime Chattam dans ses thrillers, c'est bien le Mal, avec un grand M, et sa propagation au sein de notre société, comme un virus hautement contagieux. La patience du diable illustre parfaitement ceci, puisqu'il y est question de ce qui se passe lorsque toutes les frustrations que l'on accumule au quotidien débordent de toutes parts, fissurent toutes nos digues éthiques et morales, et finissent par les faire s'écrouler dans des gerbes de souffrance et de sang. En définitive, le diable n'a rien d'autre à faire que nous regarder nous entre tuer, nous sommes le terreau fertile dans lequel germent si facilement les immondes graines qu'il s'est contenté de semer.

Soit. Il n'empêche que je me suis ennuyée en lisant La patience du diableLa conjuration primitive nous offrait déjà, dans une moindre mesure, un aperçu de la manière dont l'auteur arrive à se perdre, et à nous perdre, dans ses introspections sur le Mal. Mais ce n'était pas au détriment de son intrigue, contrairement à ce qui se passe ici, où ses réflexions finissent par devenir carrément lassantes. Le pire, c'est que l'on finit même par se lasser de l'héroïne par laquelle elles passent, ses états d'âme et sa témérité devenant très vite agaçants au possible.

Ludivine m'a fait le même effet que la Mila de Donato Carrisi : ce sont deux jeunes femmes attirées par les ténèbres, bien placées pour en comprendre le fonctionnement parce qu'elles y ont déjà été confrontées et qu'elles s'y sont déjà brûlées les ailes, mais d'une bêtise incommensurable (elles persistent à se jeter dans la gueule du loup alors qu'il est visible à des kilomètres), et dotées d'une chance inouïe (il y a toujours quelqu'un pour les tirer de la panade dans laquelle elles se sont elles-mêmes fourrées) ! Heureusement, les personnages secondaires sont nettement plus sympathiques : le colosse Segnon et sa femme Lætitia, en mère courage, ou encore Guilhem, l'analyste consciencieux.

J'ai lu quelques chroniques qui évoquaient l'efficacité de l'auteur dans ce roman. Je ne suis pas du tout d'accord, j'ai trouvé l'intrigue assez prévisible, ayant deviné l'identité de celui qui tire toutes les ficelles de cet horrible spectacle de marionnettes quasiment dès son apparition. L'aspect un petit peu surnaturel de l'histoire m'a également laissée de glace, je ne me suis pas laissée impressionner une seule seconde et pourtant j'aime le surnaturel. C'était juste... too much ! Alors oui, le monde et notre rapport à la violence évoluent, et l'auteur joue clairement là-dessus pour donner de la crédibilité à son histoire, mais après La conjuration primitive, tout cela avait comme un petit goût de déjà-vu...

Au final, sans être un mauvais roman, La patience du diable ne m'aura pas vraiment convaincue, Maxime Chattam m'a habituée à beaucoup mieux. J'ai cru comprendre qu'un autre titre était prévu au cœur de la SR ; j'espère qu'il aura ce petit supplément d'âme, ce petit détail dans la construction de l'intrigue ou des personnages qui en fera un vrai coup de cœur, mais très sincèrement, je ne suis pas si pressée de retrouver Ludivine !

Note : ★★★★☆
Billet d'origine : eTemporel


Ouvrage paru en 2014 - Lu en format ePub aux éditions Albin Michel - 496 pages

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