La voie du livre, d'Hervé Gagnon

By samedi, octobre 04, 2014

Un thriller historique au cœur de la France du XVIIe siècle, où règnent les procès en sorcellerie et les révoltes populaires. En l’an 1639, la France est aux prises avec les révoltes populaires, la famine et un clergé qui voit le Mal partout. On brûle comme sorcières toutes les femmes qui ont le malheur de ne pas correspondre au dogme catholique. Dans le petit village d’Abelès, Anneline Dujardin, sa mère Catherine et sa fille Jeanne, guérisseuses comme toutes leurs aïeules, coulent des jours paisibles jusqu’à ce que le nouveau curé lance l’Inquisition à leurs trousses. Dans un hameau voisin, l’armurier François Morin voit sa femme et sa fillette sauvagement assassinées par un gabeleur et ses hommes. Il exerce une vengeance terrible et se retrouve hors-la-loi. Unis dans le malheur, dépositaires d’un mystérieux grimoire qui remet en question la légitimité de Louis XIII, Anneline et François tenteront d’échapper à l’inquisiteur, au prévôt de justice, aux mousquetaires du roi et au Cardinal de Richelieu. S’enclenche alors une frénétique chasse au trésor, dont l’issue déterminera le sort des deux trônes : celui du royaume de France et celui de Saint Pierre.

L'avis de Goupil

Après Damné, un thriller ésotérique médiéviste sur fond de croisade des Albigeois, et mettant en scène des Templiers, l'auteur canadien plus connu pour son cycle jeunesse Le Talisman de Nergal, nous entraîne une fois de plus dans un thriller historique. Avec La voie du livre, il propulse le lecteur en plein XVIIe siècle, sous le règne de Louis XIII. Une époque où le peuple était soumis à une Eglise toute puissante, où les curés étaient des fanatiques, où l'Inquisition, au nom de la croyance, commettait les pires exactions. On retrouve, avec l'Inquisition, un thème cher à l'auteur, puisqu'elle figurait déjà dans sa précédente tétralogie.

Le roman débute sur un accouchement. Huit ans après la naissance de la petite Jeanne dans la lignée des guérisseuses, accusées d'hérésie et de sorcellerie par le curé du village, les femmes doivent fuir. Leur chemin va croiser celui d'un ancien soldat qui s'est vengé des meurtres de sa femme et de sa fille par un collecteur d’impôts et ses sbires en les assassinant. Unissant leurs destins, ils vont tenter d'échapper à la prévôté, à l'Inquisition et à un amoureux éconduit.

Dans leur fuite, les deux femmes emmènent un grimoire familial de près de mille ans, où sont consignées, de génération en génération, les recettes des guérisseuses, mais aussi une révélation qui pourrait mettre en péril la légitimité du trône de France. Comme dans tout tome introductif, l'auteur nous fait découvrir ses protagonistes principaux, situe son récit dans le temps et petit à petit, nous place dans le contexte de son intrigue.

Avec une histoire au schéma trop classique, un secret pseudo-mystique qui ferait trembler les institutions en place, et avec les mêmes thèmes émergeants que dans sa précédente tétralogie, l'emprise de la religion, la convoitise et le pouvoir, une sauvagerie sans pitié, l'auteur n'apporte rien au genre. Depuis le Da Vinci Code, de nombreux auteurs se sont engouffrés dans le genre avec toujours la même recette.

Si l'intrigue est banale, le récit est bien mené et l'auteur nous entraîne dans une histoire qui, à défaut d'être intéressante, s'avère plutôt bien rythmée : bagarres, fuites, complots, sexe, amour, violence, religion. L'auteur n'hésite pas à malmener ses lecteurs en décrivant des scènes de torture commises sur de pauvres femmes parce qu'elles avaient un certain savoir.

L'auteur nous décrit à merveille l'atmosphère de cette époque : la misère du peuple, la famine, les révoltes, et la christianisation des campagnes par le clergé dans une époque où l'on voit le mal partout, et où la chasse aux sorcières atteint son apogée. La formation d'historien de l'auteur a fortement orienté l'écriture de ce premier tome, la reconstitution de la vie à cette époque est très bien documentée. Dans ce monde un peu étrange et violent de l'Inquisition, l'auteur apporte une note de douceur avec la romance entre les deux protagonistes principaux. Une note de romance toutefois quelque peu gâchée par les scènes de sexe par trop imagées et qui n'étaient pas nécessaires au récit.

Malgré une très bonne dynamique et la justesse des scènes en toute circonstance, La voie du livre s'avère d'une lecture assez peu prenante par rapport à sa tétralogie précédente qui présentait un meilleur attrait pour le lecteur. En espérant que le tome 2 présentera plus de profondeur.

Note : ★★☆☆☆
Billet d'origine : Chroniques littéraires de Goupil


Ouvrage paru en 2014 - Lu en format broché aux éditions Hugo & Cie - 427 pages
Tome 1 du cycle Malefica

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1 commentaires

  1. Dommage qu'il ne soit pas à la hauteur, le synopsis me plaisait bien !

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