Que ta volonté soit faite, de M. Chattam

By mercredi, mars 25, 2015

Que ta volonté soit faite

Pour son vingtième roman, Maxime Chattam s’amuse à dresser le portrait d’une petite ville du Midwest américain des années 60 jusqu’au début des années 80, avec pour fil rouge l’évolution de Jon Petersen, un pervers psychopathe, de son enfance jusqu’au point culminant de sa sinistre carrière criminelle. Un roman noir à l’écriture et à l’atmosphère uniques dans la carrière de l’auteur, où tout converge vers un final aussi étonnant qu’imprévisible. Que ta volonté soit faite est non seulement un voyage à Carson Mills, mais aussi dans ce qui constitue l’essence même du roman policier, la vérité et le crime. On songe bien sûr à Stephen King (une bourgade à la Norman Rockwell où tout le monde connait tout le monde, un vieux shérif obstiné, le poids de la religion, les secrets de famille…) et parfois aussi à Jim Thompson.

Ouvrage paru en 2015 - Lu en format ePub aux éditions Albin Michel - 368 pages


L'avis de Kahlan

Je crois que je n’ai jamais autant retrouvé Stephen King chez Maxime Chattam que dans ce roman. Paru en tout début d’année, Que ta volonté soit faite est bien différent des autres livres de l’auteur, moins thriller gore, plus polar noir où l’on assiste à la naissance d’un véritable psychopathe. Comme souvent chez Stephen King, l’intrigue se déroule dans une petite ville rurale américaine, où le Mal va s’installer chez un jeune garçon et faire de lui le vecteur de ses atrocités jusqu’à la fin de sa vie.

Bienvenue à Carson Mills, donc, une bourgade qui serait sans doute charmante s’il n’y avait Jon Petersen. La plupart des gens s’y connaissent, et bien qu’il y ait deux congrégations religieuses et de vilaines commères comme partout dans les communes de cette envergure, s’y respectent. On découvre plusieurs personnages qui ne nous laissent pas indifférents, tous ont leurs problèmes, leurs éclats de bonheur aussi parfois, mais d’une manière générale, là où passe Jon Petersen, l’herbe ne se relève pas. Né dans le sang, il représente la quintessence du Mal, un homme sans remords ni comportements « humains », totalement indifférent aux souffrances d’autrui, un homme dont la méchanceté, la cruauté, va s’épanouir sous nos yeux pendant plus de deux décennies.

Outre la petite ville de Carson Mills, ses pittoresques habitants parmi lesquels Jon lui-même, et l’ambiance qui y règne, une autre particularité de ce roman est son narrateur. En effet, étrangement omniscient, il fait partie des habitants de Carson Mills, mais on ne sait pas qui il est. En revanche, il semble tout savoir des exactions commises par Jon Petersen... Mais alors, pourquoi ne pas l’avoir dénoncé, pourquoi n’avoir rien tenté pour l’arrêter ? Il vous faudra lire le livre pour le savoir, mais soyez assurés que c’est plutôt bien fait, même si le dénouement déplaira certainement à une partie du lectorat. Avec Que la volonté soit faite, Maxime Chattam s’essaie à quelque chose de nouveau et nous prouve, si besoin était, qu’il peut encore nous surprendre.

Déçue par son précédent opus, je me suis délectée de ce dernier roman où l’on assiste, impuissant et révolté, à tout ce qui peut arriver de pire dans les petits villages reculés de l’Amérique profonde. L’écriture est toujours aussi efficace, les images puissantes (vous ne verrez plus jamais les coquelicots de la même manière), la narration presque détachée comme pour mieux transcender la violence qui nous est contée. Une petite pépite à côté de laquelle il ne faut pas passer, un bel hommage aux polars noirs américains, une bien belle réussite. Lisez le !

Note : ★★★★★
Billet d'origine : eTemporel

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