La forêt des Mânes, de JChristophe Grangé

By dimanche, avril 12, 2015

La forêt des Mânes

A Paris, Jeanne Korowa, brillante juge d'instruction à la vie affective désastreuse enquête avec François Taine sur une série de meurtres particulièrement sauvages : démembrements, cannibalisme, et mises en scène macabres. Trois plantureuses Vénus atrocement dévorées, trois tableaux sanglants entre rituel et folie. Abusant de son autorité, Jeanne fait installer des micros dans le cabinet d'Antoine Féraud, le psychanalyste qui reçoit chaque semaine son ex petit ami, et tombe par hasard sur une séance étrange où un père révèle les pulsions sanguinaires de son fils autiste et son passage à l'acte. Autisme, fécondité, préhistoire : trois pistes qui mèneront Jeanne, au Nicaragua, au Guatemala, puis dans les marais argentins. Au terme de sa quête, dans la forêt des Mânes, elle découvrira une vérité qu'on aurait préféré ne jamais connaître.

Ouvrage paru en 2009 - Lu en format audio aux éditions AudioLib - 16h54


L'avis de Kahlan

Je n’avais rien lu de Jean-Christophe Grangé depuis Les rivières pourpres, best-seller dont la première parution française date de la fin des années 1990, autant dire une éternité. Et puis une amie m’a récemment proposé de me prêter le livre audio de La forêt des Mânes, et j’ai bien sûr accepté, à la fois heureuse de retrouver cet auteur que j’avais tant apprécié à l’époque, et curieuse de ce format livre audio dont je ne suis pas vraiment coutumière. Quant à l’intrigue annoncée, des meurtres cannibales sur fond de rites primitifs, elle avait tout pour plaire à l’amatrice de thrillers ‘chattamesques’ que je suis.

Malheureusement, je suis complètement passée à côté de ce roman. Dans la première partie, qui se déroule à Paris, l’auteur pose son sujet : les premiers cadavres sont découverts, avec leur lot de bizarreries gores, et on assiste aux prémices de l’enquête de Jeanne, juge d’instruction solitaire et complexée qui s’accroche à cette affaire comme si sa vie en dépendait. On se demande bien pourquoi d’ailleurs, c’est fait de telle manière qu’on n’y croit pas une seule seconde ! C’est un personnage geignard, capricieux et antipathique qui m’a tapé sur les nerfs dès les premières minutes. Bref, c’était déjà un peu longuet, mais je me disais que l’auteur ménageait son suspens, et que ça allait décoller.

Sauf que c’est encore pire dans la seconde partie ! L’enquête est déportée en Amérique latine où l’auteur se lance dans une espèce de road trip inintéressant au possible à travers tout le continent sud américain, sur les traces de l’assassin. C’est long, mais c’est long, on n’en voit plus la fin... Alors certes, je connaissais assez peu cette période de l’histoire de l’Argentine, et je ne peux décemment pas prétendre n’avoir rien appris, mais ça ne fait pas tout. On a l’impression que l’auteur fait inutilement durer le suspens, et les ficelles qu’il emploie pour dénouer certaines situations sont juste énormes. Et puis Jeanne est toujours aussi insupportable, on a presque envie qu’elle se fasse bouffer par le cannibale, au moins on en parlerait plus !

Bref, vous l’aurez compris, je ne suis vraiment pas prête à renouer avec l’expérience Grangé. Pour ce qui est de l’audio book, je ne peux pas non plus considérer cela comme une réussite. Le dernier livre audio que j’avais écouté, Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, mettait en scène plusieurs personnages interprétés par des voix différentes, et c’était plutôt bien fichu. Ici, la totalité du livre est lue par Laurence Haziza qui s’efforce de modifier la tonalité de sa voix en fonction des différents personnages ou situations : ‘grosse voix’ quand c’est un homme qui parle, accents traînants et râpeux pour le cannibale, effets sonores bas de gamme pour les conversations téléphoniques, comme si elle parlait dans un pot de yaourt... C’est ridicule, et ça donne vraiment une impression de bricolage.

Grosse déception donc, tant pour le contenu que le contenant. Plusieurs personnes m’ont conseillé d’autres Grangé, arguant que La forêt des Mânes fait un peu figure d’extraterrestre au sein de son œuvre. Mais très honnêtement, l’expérience m’a échaudée, et j’ai besoin de temps avant de me risquer à la tenter de nouveau.

Note : ★☆☆☆☆
Billet d'origine : eTemporel

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