Les voies d'Anubis, de Tim Powers

By mardi, avril 07, 2015

Les voies d'Anubis

1983. Lorsque le professeur Brendan Doyle accepte de donner une conférence sur le poète anglais Coleridge, il est loin d’imaginer qu’il ne va pas tarder à le rencontrer en personne... en 1810 ! Car après avoir accepté l’offre d’un millionnaire ayant percé les mystères du voyage dans le temps, le voilà plongé dans une aventure rocambolesque, traversant un Londres peuplé de bohémiens, de mendiants douteux et de sorciers terrifiants, tel ce clown macabre qui règne sur le monde souterrain. Et pour couronner le tout, Doyle ne peut revenir à son époque, à moins de déjouer les plans malfaisants des mages égyptiens qui veulent ramener leurs anciens dieux à la vie. Mais osera-t-il prendre le risque de changer le cours de l’Histoire ?

Ouvrage paru en 2013 - Lu en format broché aux éditions Bragelonne - 476 pages


L'avis de Vidia

Cela fait quelques années que j’arpente les sentiers de la littérature fantastique et jusqu’à présent, je n’avais encore rien lu de tel ! Ce roman est tout bonnement stupéfiant à bien des égards et dans le meilleur sens du terme.

Tim Powers, l’un des pères fondateurs du steampunk fait étalage de tout son talent dans ce roman, Les voies d’Anubis, considéré comme l’un des ouvrages phares de ce genre littéraire très en vogue.

S’il est un thème cher à la mouvance steampunk, ce sont bien les voyages temporels. Cependant si ceux-ci sont maladroitement développés par l’auteur, le lecteur peut aisément se perdre dans le tourbillon du temps. Mais Tim Powers s’avère être un virtuose du maniement des voyages dans le temps qu’il aborde d’une manière plutôt originale.

En effet, l’auteur enchaîne le lecteur à la destinée de Brendan Doyle, un professeur de lettres américain qui, après avoir accepté l’invitation du mystérieux milliardaire J. Cochran Darrow de donner une conférence sur le poète Samuel Taylor Coleridge, se retrouvera propulsé du Londres de 1983 au Londres de 1810. Mais comment ont-ils réussi à remonter le temps ? Tout simplement parce que J. Cochran Darrow a découvert des brèches temporelles apparues en 1802 suite à la pratique par des sorciers égyptiens d’un rituel ancestral qui a mal tourné, et dont le but était de ramener à la vie d’anciennes divinités égyptiennes. Hélas, Brendan Doyle sera enlevé par l’un de ces mages et ratera donc la brèche de retour lui permettant de rejoindre son époque. C’est le début d’une succession d’aventures plus troublantes les unes que les autres, au cours desquelles sa vie sera menacée à de nombreuses reprises. L’une d’elles le mènera notamment en 1684 où il devra empêcher l’altération du cours de l’Histoire.

Tim Powers, certainement de par ses études de littérature anglaise, manie également à la perfection la mixité entre personnages et autres événements historiques, et personnages et événements fictifs, tendant parfois vers le surnaturel. Rien d’étonnant donc de surprendre au détour des pages des conversations entre Brendal Doyle et des sommités de la poésie anglaise telle que Lord Byron ou Colridge. Ou encore de croiser un loup-garou et des mages noirs dans les recoins sombres de Londres.

De par une foison de détails, il est également extrêmement aisé de se figurer les divers lieux et de ressentir les diverses atmosphères qui s’en dégagent. Impossible de ne pas être envouté par le mystère entourant le camp bohémien dans lequel se sont retranchés les mages égyptiens. Ou encore de frémir d’horreur et trembler comme une feuille au détour d’une des innombrables sombres galeries composant l’affreux repaire d’Horrabin, un clown difforme à la tête d’une bande de mendiants. Ou encore les nombreux détails distillés tout au long du récit sur la configuration architecturale et culturelle de la ville de Londres. Le dégoût qu’inspirent les quartiers les plus pauvres bordant la Tamise, notamment l’East End, et le confortable luxe qui se dégage des beaux quartiers tels que St James. Un réel plaisir pour les amateurs de la capitale anglaise.

Un autre élément composant la richesse de ce chef-d’œuvre est sans conteste la plume raffinée de Gérard Lebec, le traducteur grâce auquel le public francophone a le plaisir de découvrir ce fantastique roman. Son écriture soignée ainsi que la qualité du texte livré et le choix d’un vocabulaire élaboré mais tout de même à la portée de tous favorisent l’immersion dans le monde quelque peu guindé de la société londonienne du 19ème siècle.

Et finalement, merci aux Editions Bragelonne pour cette magnifique réédition tout en dorures à l’occasion du mois du cuivre qui est un réel ravissement pour les yeux.

Après ces éloges, est-il encore nécessaire de préciser que j’ai adoré Les voies d’Anubis ? Ce fut ma première immersion dans l’univers steampunk, et je ne le regrette pas le moins du monde. Ce livre est effectivement idéal pour les néophytes du genre car le thème n’est pas poussé à son paroxysme et reste relativement accessible.

Ce roman est un véritable coup de cœur que je recommande vivement à toutes et à tous.

Note : ★★★★★
Billet d'origine : alohommora

Vous aimerez aussi...

1 commentaires

  1. Eh bien, tu es la première personne, sur l'Imag'In Café, à avoir apprécié ce livre ! Tous les autres ont détesté, moi comprise ! LOL Comme quoi, il en faut pour tous les goûts ! ;o)

    RépondreSupprimer