Mr Mercedes, de Stephen King

By vendredi, mai 22, 2015

Off-Ret Hodges, tome 1 : Mr Mercedes

Midwest 2009. Un salon de l'emploi. Dans l'aube glacée, des centaines de chômeurs en quête d'un job font la queue. Soudain, une Mercedes rugissante fonce sur la foule, laissant dans son sillage huit morts et quinze blessés. Le chauffard, lui, s'est évanoui dans la brume avec sa voiture, sans laisser de traces. Un an plus tard. Bill Hodges, un flic à la retraite, reste obsédé par le massacre. Une lettre du tueur à la Mercedes va le sortir de la dépression et de l'ennui qui le guettent, le précipitant dans un redoutable jeu du chat et de la souris.

Ouvrage paru en 2015 - Lu au format ePub aux éditions Albin Michel - 473 pages
Tome 1 du cycle Off-Ret Hodges


L'avis de Kahlan

« Je voulais écrire une nouvelle et la finir avec le policier qui met son revolver dans la bouche. Mais maintenant, au lieu d’avoir une nouvelle de 12 pages, j’ai un manuscrit de 500 pages, parce que l’histoire n’a fait que grandir », annonçait Stephen King fin 2013. En février dernier, paraissait donc en France cette nouvelle élevée au rang de roman tout d’abord, puis de trilogie très bientôt : Mr Mercedes. Et après avoir été le maître incontesté de l’horreur, Stephen King rivalise à présent avec ceux du thriller et du polar, remportant au passage ce mois-ci l’Edgar Award du meilleur roman.

Bill Hodges, officier de police à la retraite, reçoit un jour une lettre du créminel surnommé par les médias le « tueur à la Mercedes », parce qu’il a foncé dans une file d’attente de demandeurs d’emploi au volant d’une voiture volée, tuant huit personnes et en blessant beaucoup d’autres. Cela va le sortir de la léthargie dans laquelle la retraite l’a finalement plongé, et être le déclencheur d’un terrible jeu du chat et de la souris entre l’ancien inspecteur et le chauffard fou.

Le récit alterne entre les intentions malsaines du tueur et les intuitions du flic et de ses acolytes, un étudiant noir et une vieille fille un petit peu fêlée. Mettant en scène une Amérique embourbée dans l’étau de la crise, Stephen King met le doigt là où ça fait mal, nous montrant que les monstres sont bien souvent des personnes très ordinaires dont les démons naissent d’un quotidien sordide ou d’un traumatisme d’enfance. Si j’ai trouvé le début du roman un peu poussif, la tendresse de King pour ses personnages un peu fragiles psychologiquement parlant a très vite réussi à me les rendre attachants. On explore le psychisme d’un tueur, certes, mais aussi la renaissance d’un flic désœuvré, ou encore celle d’une névrosée.

Le fantastique est totalement absent de Mr Mercedes, mais l’intrigue est rondement menée, le suspens va croissant et on se surprend à tourner les pages comme un forcené dans le final. Bien que le genre soit très différent de ce qu’il écrit d’habitude, le style de l’auteur est aisément reconnaissable à sa gouaille tranquille et à son humour. Malgré tout, si j’ai aimé ce livre, je dirais qu’il lui manque ce petit quelque chose qui fait les grands crus, qui déclenche frissons et sueurs froides. Un bon polar disons, mais pas un grand King.

La suite, Finders Keepers, est annoncée chez Scribner aux Etats-Unis pour le 2 juin prochain. Retrouvez les couvertures américaine et britannique :

   


Note : ★★★★☆
Billet d'origine : eTemporel

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