La prétendue innocence des fleurs, de Calderon & de Moras

By mardi, juin 16, 2015

La prétendue innocence des fleurs

Le bouquet était prêt : cinq iris mauves, cinq lys blancs et deux jacinthes sauvages. Dans quelques heures à peine, il sera déposé au cabinet du juge d'instruction Marc Ferrer, plongé dans la plus importante affaire criminelle de sa carrière. Marc connait le langage des fleurs, il sait que les lys blancs évoquent la pureté et que les jacinthes invitent à l'amour. Pourtant, ces fleurs-là lui inspirent la mort. Celle d'une jeune femme et d'un amour fou disparu huit ans plus tôt... De Paris à Venise, de bouquets en bouquets, vers quel secret enfoui le conduira ce nouveau jeu de piste ?

Ouvrage paru en 2015 - Lu en format broché aux éditions Scrineo - 383 pages


L'avis de Kahlan

Quand j’ai postulé pour chroniquer ce roman lors de la dernière Masse Critique de Babelio, je ne savais même pas de quoi il était question ! J’en avais déjà entendu parler à deux ou trois reprises ces dernières semaines, et j’avais été conquise par son titre : La prétendue innocence des fleurs. Joli et intrigant tout à la fois... C’est un roman écrit à quatre mains, par Franck Calderon, producteur et scénariste de télévision, et Hervé de Moras, enseignant. Un polar atypique au cours duquel on suit un juge d’instruction, Marc, sur les traces à la fois de son passé et d’un meurtrier bien particulier qui lui laisse des bouquets pour le guider jusqu’à lui.

Est-ce le langage des fleurs ou la musique classique, également très importante dans ce roman ? Je ne saurais dire précisément mais, malgré une mise en place un petit peu longuette, j’ai fini par l’apprécier et je lui ai même trouvé un certain raffinement. Les deux auteurs font des merveilles dans leurs descriptions tant du sud de la France que de la cité lacustre de Venise. Leur style est très visuel, ils s’attachent aux bruits, aux odeurs, on a vraiment l’impression d’y être. Et puis leur histoire a du charme, tout simplement. Il s’agit certes d’une enquête mais la romance y tient une large place, tout en douceur, en délicatesse, sans cet aspect gnangnan qui m’agace généralement assez vite.

Les personnages sont aussi terriblement attachants. Marc croit en son métier, il est entier, épris de justice, et c’est un jeune homme qui a du mal à pardonner, ce qui lui occasionne d’ailleurs quelques insomnies. Il va très vite s’apercevoir que tout n’est malheureusement, ou heureusement plutôt, ni tout blanc ni tout noir. Adélaïde, sa compagne, est peintre et comme souvent les artistes, elle est extrêmement sensible, en particulier aux états d’âme de Marc. Salinque, le gros flic un peu cliché, est sympathique et loyal. Et Richard, en méchant attitré, n’est pas non plus dénué d’un certain charme. Tout ce petit monde nous entraîne dans une valse lente, de château en cimetière, et de la France à l’Italie.

L’intrigue en elle-même est assez prévisible pour qui lit régulièrement thrillers et polars, mais elle est menée avec tant de délicatesse et de charme qu’on se laisse embarquer très facilement. Les deux auteurs se complètent si bien qu’on oublie complètement qu’il s’agit d’une histoire écrite à quatre mains. Entre beauté des fleurs et des décors, émotion de la musique classique, philosophie et intrigue policière, une lecture agréable que je vous invite chaleureusement à découvrir.

Note : ★★★★☆
Billet d'origine : eTemporel

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