Battle Royale, de Koushun Takami

By samedi, janvier 16, 2016

Battle Royale

Dans un pays asiatique imaginaire existe un programme gouvernemental connu sous le nom de "Battle Royale". Chaque année, une classe de 3ème est choisie au hasard, emmenée sur une île coupée du monde, et les collégiens doivent combattre entre eux jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un survivant... Ceci afin de servir d'exemple à la population, à la jeunesse particulièrement, et aussi de recueillir des statistiques sur le temps mis par le champion à éliminer ses camarades.

Ouvrage paru en 2008 - Lu en format papier aux éditions Le Livre de Poche - 830 pages


L'avis de Kahlan

On se retrouve aujourd’hui pour la toute première chronique de 2016, celle de l’immense succès japonais de Koushun Takami : Battle Royale. C’est un roman paru en 1999 qui a inspiré deux films et des séries de mangas, et dont on dit souvent qu’il est le précurseur de toutes les dystopies YA modernes à la Hunger Games. Un roman qui a défrayé la chronique lors de sa publication – juste ciel, des ados qui s’entretuent ! - avant de devenir l'un des plus grands best-sellers de l'édition nippone. C’est dans le cadre d’une lecture commune organisée sur l’Imag’In Café que je l’ai personnellement lu.

La violence est un sujet très actuel, c’est le moins que l’on puisse dire. Elle se manifeste partout et sous de multiples formes, tant et si bien qu’on aurait presque tendance à la banaliser. Dans ce cadre, le livre de Koushun Takami est un vrai petit bijou qui nous incite à nous poser les bonnes questions. Malgré tout, j’ai envie de dire que ce n’est pas un ouvrage à mettre entre toutes les mains, justement à cause de cette violence poussée à l’extrême. Il est quand même question d’une classe de quarante-deux élèves qui s’entretuent sur plus de huit cents pages, et toutes ces morts successives poussent immanquablement à la banalisation.

L’effet est encore accentué par un style d’écriture assez proche du manga, dynamique, violent, presque caricatural avec des personnages stéréotypés : le héros rockeur dans un pays totalitaire, le dur au grand cœur, le psychopathe, la salope manipulatrice, etc. ... Il n’est pas aisé de s’y attacher, d’autant plus qu’ils sont extrêmement nombreux, et portent bien sûr des noms japonais difficiles à différencier et mémoriser par la pauvre occidentale que je suis. Quelques-uns se détachent cependant, ceux qui refusent de participer au jeu et cherchent un moyen de s’échapper plutôt que de vaincre. L’auteur nous offre un joli portrait de tous ces ados japonais partagés entre tradition ancestrale et rêve américain.

Il pose aussi un certain nombre de questions essentielles, dont la plus importante consiste à se demander jusqu’où nous serions prêts à aller pour sauver notre peau. Mais si les interrogations des uns et des autres sur leur situation propice à la naissance de la méfiance et de la suspicion, ou sur le régime politique de leur pays et la lutte qui devrait en découler plutôt que cette soumission aveugle, m’ont grandement intéressée, j’ai quand même trouvé ça sacrément long. La linéarité de l’intrigue la rend assez répétitive, et je me dis qu’on aurait sans doute pu se passer d’assister à la mort de tous les élèves sans nuire à la qualité du livre.

C’est donc un ouvrage singulier mais sans doute culte que celui-ci, qui passionnera tous ceux qui s’intéressent à des questions d’éthique ou de politique, mais à éviter en cas d’intolérance à la violence. Un classique que j’ai personnellement trouvé un peu longuet, mais que je ne regrette nullement d’avoir lu.

Note : ★★★★☆
Billet d'origine : eTemporel

Vous aimerez aussi...

0 commentaires