Conte automate, de Michèle Devernay

By samedi, mars 26, 2016

Conte automate

Cléo est mécanicienne sur une chaîne de montage, un travail pénible et dangereux. Pour s'évader du quotidien, elle passe beaucoup de temps dans une réalité virtuelle où elle a fait la connaissance d'Elie. Tout irait bien dans le meilleur des mondes si Elie n'avait pas une obsession : celle de l'épouser !

Ouvrage paru en 2015 - Publication en ligne - 25 pages


L'avis d'Aristide

Conte automate est une nouvelle de science-fiction, écrite en fin d'année dernière dans le cadre d'un appel à textes dont le thème était la revisite du conte de Peau d'âne. Mais j'aime autant vous prévenir tout de suite : n'espérez pas y trouver de princesse cherchant à fuir l'affection débordante d'un père et exigeant de lui des robes toujours plus extraordinaires. Vous seriez gravement déçu ! Ce texte n'a pas grand chose à voir, il faut bien le reconnaître, et entre nous, c'est tant mieux, parce que si vous voulez mon avis, Peau d'âne a fait son temps.

On suit les aventures de Cléo, mécanicienne sur une chaîne de montage, dans une société futuriste où les machines se sont largement imposées. Plutôt douée, la jeune femme se tue au travail, et lorsqu'elle rentre chez elle le soir, elle n'a qu'une envie : s'appliquer son nanopatch et plonger dans une réalité virtuelle où elle rejoint Elie, mystérieux avatar qui s'applique à lui faire découvrir la Terre telle qu'elle était trois siècles plus tôt. Elle adore ces moments-là, qui lui font oublier sa triste réalité, et Elie l'intrigue tout autant qu'il l'attire. Seulement voilà, il lui révèle bientôt une étrange obsession : celle de l'épouser, et insidieusement, Cléo commence à prendre peur.

Sans doute moins originale que Regrets mécaniques, cette nouvelle m'a pourtant paru plus accessible aux communs des mortels. Elle traite de sujets qui nous sont plus familiers : les réalités alternatives et leur poudre aux yeux ; les rencontres sur Internet, où chacun se cache derrière un avatar qui n'a bien souvent rien à voir avec ce qu'il est dans la vraie vie ; les dangers que cela génère parfois, quand on tombe sur une personne obsessionnelle. On comprend sans doute assez vite qui est Elie, mais ce n'est pas ce qui importe, car l'auteur nous entraîne avec habileté sur les pas de Cléo. La sensation de danger s'intensifie tout au long du texte, on en deviendrait presque claustrophobe par moments !

Et pourtant, curieusement, je n'avais pas envie de la plaindre. C'est un personnage que l'auteur ne nous a volontairement pas rendu sympathique. Elle est égoïste, utilise Elie pour les sensations et le bien-être qu'il lui procure, sans s'inquiéter de savoir si elle lui fait du mal au passage en entretenant ses illusions. Et même quand sa meilleure amie la prévient qu'elle joue un jeu dangereux, elle trouve encore le moyen d'en plaisanter. Le dénouement en forme de moral m'a beaucoup plu. Certaines choses m'ont surprise, d'autres pas, mais j'ai éteint ma liseuse avec le sentiment qu'il y a somme toute une justice. Un texte vraiment intéressant pour peu qu'on s'interroge sur le message qu'il véhicule. A découvrir.

Note : ★★★★☆
Billet d'origine : Les Fabuleuses Aventures d'Aristide Pilgrim

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