Le coma des mortels, de Maxime Chattam

By mardi, juillet 19, 2016

Le coma des mortels

Qui est Pierre ? Et d'ailleurs se nomme-t-il vraiment Pierre ? Un rêveur ? Un affabulateur ? Un assassin ? Une chose est certaine, on meurt beaucoup autour de lui. Et rarement de mort naturelle. Rebondissements incessants, métamorphoses, humour grinçant... Un livre aussi fascinant que dérangeant, en quête d'une vérité des personnages qui se dérobe sans cesse. Un roman noir virtuose dont l'univers singulier n'est pas sans évoquer celui d'un cinéma ou David Lynch filmerait Amélie Poulain.

Ouvrage paru en 2016 - Support numérique - Editions Albin Michel
389 pages


L'avis de Kahlan

On se retrouve aujourd’hui avec la chronique du dernier roman en date de Maxime Chattam, Le coma des mortels. J’ai quasiment tout lu de lui, et les habitués d’eTemporel savent qu’il s’agit de l’un de mes auteurs favoris. Ce qui ne signifie pas que j’ai adoré tous ses romans mais une grande majorité, disons. Pourtant là, autant l’avouer tout de suite, je suis complètement passée à côté. Quand, du thriller plutôt gore, il est passé au fantastique jeunesse, j’ai suivi sans sourciller ; quand, du fantastique jeunesse, il est passé au roman noir, je lui ai emboîté le pas bien volontiers. Mais là, je crois que c’était tout simplement la fois de trop.

Comment vous décrire ce roman ? Bien que sa maison d’édition annonce un nouveau thriller dans son argumentaire de presse, l’auteur quant à lui se défend d’en avoir écrit un. Et en effet, Le coma des mortels n’est pas un thriller, il n’en a ni le suspens, ni la tension, il ne procure aucune sensation forte. C’est un ovni au sein l’univers chattamesque, un ovni tout court en fait. C’est l’histoire d’un trentenaire mal dans sa peau qui, après s’être fait largué par sa petite amie qu’il a trompée, décide de faire table rase de son passé, et de tout recommencer.

Dans sa nouvelle vie, il rencontrera tour à tour une passionnée de théâtre, une collectionneuse de suicides, une soigneuse de zoo, un chef de la sécurité qui rêve de se débarrasser de ceux qu’il n’aime pas à coups de pelle, un super-héros qui retrouve les objets perdus, une blogueuse du néant, un psy(chopathe)... tout un tas de personnages plus singuliers les uns que les autres, qui vont avoir une fâcheuse tendance à décéder sur son passage. Une histoire qui se veut sombre, mais qui s’est surtout avérée pour moi très ennuyeuse. Pierre, le personnage principal, le dit lui-même : il est égoïste, et ce n’est rien de le dire. Il est égocentrique au possible, et semble convaincu d’être le centre du monde. Il passe son temps à geindre sur sa situation, sans rien faire pour l’améliorer. En un mot, il est insupportable.

Il est question de sexe, de religion, de dépression, du sens de la vie, du bien et du mal... Il ne manque que la politique à ce tableau idyllique ! Si je me cantonne essentiellement aux littératures de l’imaginaire et aux thrillers, c’est justement pour ne pas avoir à me prendre la tête avec ce genre de sujets. Le style est presque pompeux, et comme l’a dit Cajou dans sa chronique : « j'ai eu l'impression de lire un délire intello-philosophico-mégalo-chiant » ! Je ne saurais mieux dire. Une œuvre à part dans la biographie de Maxime Chattam, et en ce qui me concerne, j’espère juste qu’elle le restera.

Note : ★★☆☆☆
Billet d'origine : eTemporel

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