Partisans, de Régis Vlachos

By samedi, février 04, 2017

Partisans

D'après un texte de Régis Vlachos
Mise en scène de François Boursier
Avec Lucie Jousse, Jean-Hugues Courtassol et Aurélien Gouas

Tout les oppose, sauf cette envie de résister, cette fougue qui les pousse à risquer leurs vies pour des convictions. C'est la première réunion du Conseil National de la Résistance et l'avenir de la France se joue aujourd'hui. La Gestapo est partout, alors ils ont du mal à aimer, du mal à se parler, à faire confiance. Ils nous font rire de leur maladresse, ils nous font pleurer par leur histoire. Jean Moulin vit sa dernière réunion politique dans la pièce d'à côté. Ils ont 20 ans et l'Histoire se vit dans l'épiderme de leur engagement. C'est un drame théâtral, terrible parce que vrai.


L'avis de Circé

Après un passage à vide, un vide bien rempli toutefois, je reviens à mes amours et à la découverte des petits théâtres parisiens qui programment des petites perles.

Tout commence par trois jeunes gens qui attendent le bus, sous la pluie battante qui ne parvient pas à couvrir le pas cadencé de la Gestapo, ni les cris déchirant de ceux qu'elle enlève.

Encore une fois, je me dis qu'avec un minimum de décor, un éclairage étudié, des costumes et des coiffures adéquats, quelques extraits musicaux bien choisis, tout est possible et le spectateur remonte le temps naturellement pour vivre ce 27 mai 1943, première réunion du Conseil National de la Résistance qui réunit tous les mouvements de la Résistance française, toutes tendances politiques confondues.

Et c'est bien de cela qu'il s'agit : l'union malgré les différences. Les différences entre ces trois personnages apparaissent tout de suite à travers une conversation qui se met en place là, sous la pluie. Chacun réagira différemment à un événement et reprochera aux autres de ne pas réagir de la même façon que lui. 

Pourtant tous trois sont résistants et ils se rendent au même endroit. Comme ils vont au même endroit, ils aspirent à la même chose : participer au combat contre le gouvernement de Vichy. Mais voilà, chacun conçoit la résistance à travers le prisme de son idéal et de l'idéologie qu'il a choisi de suivre. Et on se demande bien comment ils pourront réussir à s'entendre.

C'est percutant et efficace, tantôt drôle et tantôt grave, parce que servi par un texte intelligent et des acteurs qui campent très bien des jeunes résistants un peu naïfs et maladroits mais convaincus et courageux. Une pièce à voir donc, un texte à relire à l'occasion ! C'est intéressant et bien documenté.

En ayant discuté avec le directeur du théâtre, j'ai compris que ça pourrait valoir la peine de suivre Régis Vlachos. Peut-être lirez-vous bientôt mes souvenirs de Dieu est mort

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